Le lièvre et les facteurs

Autres facteurs anthropiques

Le lièvre et les facteurs

La pollution par les poussières et par le dioxyde de soufre augmenterait la mortalité juvénile chez le Lièvre. Les habitudes de certains agriculteurs qui fauchent leurs champs suivant la méthode des cercles concentriques, interdisant ainsi au gibier toute tentative de fuite. De surcroît l'incendie des pailles après la moisson, pratique encore largement répandue en France, est néfaste tant pour les Lièvres que d'un point de vue strictement agronomique. Enfin, on s’est interrogé sur l'influence des chats et des chiens errants. D’après les analyses, le régime alimentaire de ces animaux comprendrait peu de Lièvres. On a toutefois remarqué que les dérangements provoqués par les chiens (poursuites infructueuses) entraînaient des perturbations déterminant une chute du taux de reproduction des Lièvres. Facteurs naturels Outre les facteurs anthropiques, nous devons considérer une série de facteurs qui en certaines circonstances peuvent s'avérer responsables d’une diminution parfois importante des populations de Lièvres. Toutefois, nous tenons à souligner qu'en dehors de toute influence humaine, ils ne provoquaient que des fluctuations de populations autour d'une moyenne globalement stable. Tous les facteurs favorisant la dégradation des conditions de vie du Lièvre ou la fragilisation des individus peuvent se révéler propices à une augmentation anormale de la mortalité imputable à ces causes naturelles. Elles agissent donc en ultime ressort, mais ne peuvent être considérées comme raison principale. Il est évident que des individus affaiblis succomberont plus facilement aux nombreuses affections bactériennes (pseudotuberculose, infections staphylococciques...) ou parasitaires (coccidiose, trichostrongylose, distomatose...) auxquelles le Lièvre est très sensible. La coccidiose ferait d'énormes ravages parmi les jeunes puisqu'elle occasionnerait 73 % des décès observés chez des levrauts âgés de moins de 4 mois. La Tularémie : C’est une infection bactérienne causée par Francisella tularensis. Il est le plus couramment trouvé chez les animaux sauvages comme les lapins, les lièvres et autres rongeurs. L'infection chez les personnes et les animaux ne peut causer aucun signe, ou un signe grippal, une diarrhée ou d’une pneumonie. Les bactéries elles-mêmes sont très infectieuses (il faut seulement 10-50 bactéries pour infecter une personne). Un seul rapport de suspicion de transmission de F. tularensis d'un hamster de compagnie à un garçon qui a été mordu par son hamster. De mauvaises conditions météorologiques pourraient agir de la même façon. On a observé une augmentation de la mortalité printanière après un hiver très rude. Toutefois les conditions hivernales n'affectent quasiment pas la mortalité. Nous ne pouvons non plus négliger l'influence des prédateurs. Ils chassent le plus souvent selon la loi du moindre effort et sont donc amenés à sélectionner les individus faibles. Une augmentation de la proportion de ces derniers induits selon toute vraisemblance une prédation accrue. Mesures de conservation Mesures à court terme a) Interdiction de la chasse au Lièvre tant que n’auront pas été étudiés les paramètres démographiques dont la connaissance est indispensable à une gestion saine des populations de cette espèce. b) Interdiction de l'importation de Lièvres étrangers vivants. c) Interdiction de la fabrication, de la commercialisation et de l'emploi du paraquat. d) Interdiction aux administrations publiques et aux organismes parastataux d'utiliser des moyens chimiques pour le désherbage des voiries ou pour le débroussaillage des lisières forestières. Mesures à long terme a) Étude de la dynamique des populations de Lièvres en vue d'établir les modalités d'une éventuelle exploitation rationnelle de l'espèce. L'adoption de plans de tir sévères s'imposera à l'avenir si nous souhaitons conserver cette espèce à l'état sauvage. b) Restauration du milieu rural : entretien des réseaux de haies existant à l'heure actuelle. Plantation de nouvelles haies, de bosquets isolés de faible superficie ; aménagement de bandes herbeuses intercalaires. Il va de soi que tout traitement par produits chimiques devrait être interdit dans et à proximité immédiate de ces endroits. c) Découragement systématique de l'agriculture chimique au profit d'une agriculture dite biologique n’utilisant aucun pesticide de synthèse. d) Arrêt de la construction d'infrastructures routières. Elles sont coûteuses, inutiles, gaspilleuses de terres et d'énergie et meurtrières tant pour les animaux sauvages que pour l'homme. e) Éducation du public et sensibilisation des agriculteurs au problème de la raréfaction du Lièvre.

Avec l'aimable collaboration de Benoît et Virginie